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L'ACCIDENT DE DECOMPRESSION

L’ACCIDENT DE DECOMPRESSION

Le fléau du XIXème Siècle

1. Introduction

La plongée « pieds lourds » s’est développée dès le milieu du XIXème siècle afin de récupérer les cargaisons des navires coulés près des côtes et d’effectuer des travaux sous-marins divers. Jusqu'au milieu du siècle dernier, la maladie de décompression était un mal très mystérieux qui frappait de très nombreux scaphandriers. Ce n'est qu'en 1878, après de nombreuses expérimentations animales, que Paul Bert apporte la preuve expérimentale que la maladie à pour origine la formation de bulles d’azote qui sont observées lors de l’autopsie de ces animaux.

Mais la seule règle reconnue jusqu’à la fin du siècle est de remonter «lentement». Ce n’est qu’en 1896 que Haldane publie les premières tables de plongée.

L’accident de décompression reste l’ennemi mortel du plongeur sportif, pouvant frapper quelle que soit la profondeur ou le niveau technique. Bien que des recherches sur les mécanismes et les causes soient menées depuis plus d’un siècle, le corps médical n’a pas encore découvert la totalité des modes de déclenchement de l’apparition des bulles d’azote dans les tissus lors de la remontée.

2- Rappel

 

Pour comprendre tous les mécanismes de l’accident de décompression, nous aurons besoin des notions physiques suivantes :

 

2.1 Loi de Mariotte

«A température constante, le volume d’un gaz est inversement proportionnel à la pression qu’il subit». Il en découle la formule suivante : P x V =Cste

Cette loi explicite le grossissement des bulles lorsque la pression diminue.

 

2.2 Loi de Henry

«A température donnée et à saturation, la quantité de gaz dissous dans un liquide est proportionnelle à la pression exercée par ce gaz sur le liquide».

Cette loi explicite l’apparition de bulles dans les tissus du plongeur.

 

2.3 Elément de calcul des tables de plongée

Bien que 70% du corps humain soit composé d’eau, toutes les parties du corps ne se comportent pas de la même manière vis à vis de la dissolution de l’azote. Notre corps a été modélisé en compartiments (appelés auparavant tissus comme on peut encore le lire sur la documentation de certains ordinateurs de plongée). Chaque compartiment est caractérisé par une période qui détermine la vitesse de saturation ou de désaturation de cette partie du corps. A tout moment le coefficient de sursaturation (Sc : tension d’azote dissous divisé par la pression absolue) ne doit pas dépasser le coefficient de sursaturation critique pour chacun des compartiments. Sinon, il y a formation de bulles.

Auteur: Stéphane ROCHON

3- Mécanismes

3. Mécanismes

3.1 Pendant la plongée

3.2 Remontée

3.3 Formation des bulles

3.4 Développement des bulles

3.5 L’avenir des bulles

3.5.1 Bulles stationnaires

3.5.2 Bulles circulantes

3.1 Pendant la plongée

L’azote est mis en contact avec le sang lors de la respiration, il s'y accumule, et par son intermédiaire se diffuse dans toutes les autres parties du corps. La quantité d’azote dissous dépend de la pression partielle, donc de la profondeur, de la durée d'exposition et de son coefficient de solubilité dans chacune des parties du corps. Lorsque la pression augmente, la quantité de gaz dissous augmente également. Lorsque la pression diminue, les liquides doivent éliminer une partie de ce gaz. Seul l’azote intervient dans le mécanisme de l’accident de décompression car il représente 80% de l’air respiré.

 

3.2 Remontée

Lorsque le plongeur se dirige vers la surface, la pression de l’air qu’il respire diminue, plaçant ainsi certains tissus de son corps en état de sursaturation. Ces tissus vont désaturer par l’intermédiaire du sang qui libère le surplus d’azote au niveau des poumons. Si on dépasse les possibilités d’épuration pulmonaire, des microbulles peuvent s’accumuler dans certaines parties du corps et créer des lésions graves, et bien trop souvent fatales.

 

3.3 Formation des bulles

Une désaturation trop rapide d'un gaz dissous dans un liquide provoque l'apparition de microbulles au sein même du liquide et non plus seulement à la surface de contact des deux fluides. Si ces microbulles s'amalgament entre elles et forment des bulles mesurables, elles sont soumises à la loi de Mariotte qui provoque une augmentation de leur taille au fur et à mesure de la diminution de pression du gaz.

Le lieu de formation des bulles est encore incertain. On est cependant pratiquement sûr qu'il est extracellulaire et de nombreux auteurs privilégient l'intérieur des petits vaisseaux, artérioles, capillaires ou veinules. Ces bulles se forment à partir d'une phase gazeuse préexistante, les noyaux gazeux. L'origine de ces germes fait l'objet de plusieurs hypothèses ne s'excluant pas l'une l'autre. En voici deux :

  • Ils peuvent se former en tout point d'un liquide où se produit une variation de tension, et cela d'autant plus facilement que le liquide est hétérogène. Ces noyaux gazeux auraient pour origine les frottements tissulaires provoqués par le travail musculaire et seraient situés dans les espaces intercellulaires.
  • Il peut s'agir de microbulles de gaz carbonique présentes sur les parois des vaisseaux qui constitueraient les sites d'adsorption de l'azote.

Les forces intermoléculaires qui permettent de maintenir le noyau gazeux en place se font de plus en plus faibles au point de permettre aux noyaux sphériques de se détacher des parois cellulaires pour former des microbulles. Si le phénomène a eu lieu dans un vaisseau, la bulle circulante est née.

 

3.4 Développement des bulles

Lorsqu’une microbulle se forme, sa pression interne est supérieure à la pression ambiante. La bulle est donc très fragile et a tendance à disparaître spontanément tant que son diamètre n'est pas supérieur à un dixième de millimètre. Par contre, si la pression ambiante continue à diminuer, il y a apparition de nouvelles bulles par libération de noyaux gazeux selon le mécanisme décrit dans le paragraphe précédent. La bulle va croître en piégeant l'azote dissous qui l'entoure.

La croissance d'une bulle est donc directement dépendante de l'importance de la baisse de la pression ambiante et de la masse de gaz dissous qui peut l'alimenter jusqu'à ce que l'état d'équilibre soit atteint.

 

3.5 L’avenir des bulles

Le devenir des bulles dépend de leur site de formation. Si elles se sont formées dans un tissu, elles peuvent rester stationnaires, et absorber tout le gaz qui les entoure. Elles ont une action mécanique locale. Par contre les bulles circulantes, générées principalement dans le réseau veineux suite à l’évacuation de celles-ci par les tissus, passent dans les veines caves puis dans le coeur droit. Dans ce cheminement, le diamètre des vaisseaux s'est accru et rien n'a arrêté la progression des bulles. Au-delà, dans la circulation artérielle pulmonaire, le calibre des vaisseaux se rétrécit et l'élément déterminant l'évolution des bulles est l'importance du dégazage provenant des différents compartiments de l'organisme.

Si les bulles sont peu nombreuses et de petit diamètre, situation habituelle et normale dans toute décompression, elles sont éliminées au niveau alvéolaire par diffusion ou par passage gazeux direct. Par contre, si le débit d'arrivée dans les poumons de ces bulles circulantes, même de petit volume, est supérieur à la capacité d'élimination, les bulles encombrent la circulation, et grossissent dans les capillaires pulmonaires.

 

3.5.1 Bulles stationnaires

Ces bulles vont avoir, sur le lieu même de leur formation, une action de compression des tissus avoisinants. Les vaisseaux sanguins sont particulièrement exposés et cette compression qui peut aller jusqu'à l'interruption de la circulation sanguine.

Elles peuvent aussi comprimer des filets nerveux ce qui explique, en partie, les violentes douleurs articulaires. Leur action au niveau des tendons peut aussi être douloureuse.

3.5.2 Bulles circulantes

Les bulles d'origine veineuse obturant la circulation capillaire pulmonaire ont des conséquences directes (au niveau pulmonaire et après) non négligeables, qui expliquent l’apparition de certains accidents neurologiques. Localement, le ralentissement microcirculatoire pulmonaire est responsable d'une hypoxie par diminution des échanges alvéolo-capillaires.

Mais ces bulles migratrices d'origine veineuse sont susceptibles de se bloquer bien avant le système artériel pulmonaire car le système de drainage de la moelle épinière présente en particulier des « siphons » propices à un blocage. Les bulles se forment dans les graisses de la moelle épinière et se bloquent dans ses veines. On parle d’accidents de type neurologique bas ou médullaires (60% des accidents de décompression).

Quant aux bulles artérielles, elles peuvent se bloquer dans le réseau circulatoire, ce qui explique certains accidents cérébraux, cardiaques ou de l'oreille interne. On parle d’accidents de type neurologique haut.

Auteur: Stéphane ROCHON

4- Symptômes

4. Symptômes

4.1 Accidents cutanés

4.2 Accidents articulaires (bends)

4.3 Accidents labyrinthiques (cochléo-vestibulaires)

4.4 Accidents neurologiques

4.5 Accidents coronariens

4.6 Accidents pulmonaires

4.7 La maladie de décompression

4.8 Statistiques

4.9 Récapitulatif

 Voici les nombreux symptômes qui peuvent apparaître lors d’un accident de décompression, la sensation de fatigue étant toujours ressentie :

  • Asthénie (sensation de fatigue intense),
  • Incapacité d'uriner,
  • Démangeaisons cutanées : cloques, puces et moutons,
  • Douleur articulaire vive allant en empirant : bends,
  • Vertiges et nausées : accident du labyrinthe (oreille interne),
  • Paralysies et paresthésies (perte de sensibilité) des membres,
  • Détresse ventilatoire (perturbation de la fonction ventilatoire par l'amas bullaire),
  • Perte ou altération de fonctions sensorielles (ouïe, parole, toucher...),
  • Perte de motricité (souvent latéralisée) par atteinte de l'encéphale,
  • Infarctus du myocarde : arrêt cardiaque.

 4.1 Accidents cutanés

Il s'agit de démangeaisons localisées ou généralisées. Ces accidents sont dus au dégazage de l’azote dans les capillaires ou dans la graisse sous-cutanée. On en trouve de deux sortes :

  • Les puces : dues à la présence de bulles dans les capillaires présents dans la peau, se traduisant par des fourmillements et des plaques rouges éruptives.
  • Les moutons : il s'agit d'un emphysème sous-cutané dû à la formation de bulles dans le tissu sous-cutanée. Les moutons se présentent sous la forme de cloques donnant la sensation de neige crépitante à la palpation. 

4.2 Accidents articulaires (bends)

Ces accidents sont dus à la présence de bulles dans les extrémités osseuses, au niveau des articulations qui travaillent le plus. Ils se traduisent par une simple gêne, une sensation de corps étranger ou une douleur d'intensité variable et apparaissent peu de temps après le retour en surface.

Les bends touchent en ordre de fréquence décroissant : l'épaule, le genou, la hanche, le poignet et la cheville. Cette douleur résiste aux antalgiques mais disparaît assez rapidement lors de la recompression. La guérison est sans séquelles. Si ces douleurs ne sont pas traitées, elles s'estompent spontanément au bout de 24 à 48 heures. Cependant, la récidive est presque inévitable et peut entraîner de très graves nécroses osseuses.

 

4.3 Accidents labyrinthiques (cochléo-vestibulaires)

Ils sont dus à la formation de bulles dans les vaisseaux irriguant l'appareil cochléo-vestibulaire (audition et équilibration) ou dans les liquides lymphatiques baignant ce même appareil. Ils se traduisent par :

  • un état nauséeux (mal de mer) : chose banale sur un bateau et pouvant faire passer à côté du diagnostic,
  • des vertiges vrais,
  • des vomissements,
  • des déficits auditifs attribués à tort à des difficultés d'équilibration,
  • des acouphènes (bruit de fond),
  • un équilibre instable.

Ils peuvent donc être la cause d'erreurs de diagnostic de la part du plongeur ne le conduisant pas à s'orienter immédiatement vers un caisson de recompression. Ces accidents se caractérisent par l’absence de douleur à l’oreille et par un tympan normal à l’otoscopie (différences avec le barotraumatisme de l’oreille). Ils engagent l'avenir du plongeur du fait du risque de séquelles définitives sur l'audition essentiellement.

 

4.4 Accidents neurologiques

Les accidents neurologiques qui sont l'apanage du plongeur autonome. Ils sont de deux types (avec combinaison possible), médullaires et cérébraux. Les accidents médullaires, causés par les bulles présentes dans la moelle épinière se reconnaissent par les troubles moteurs suivants :

  • monoplégie (ou paralysie isolée) d'un membre ou d'un segment de membre.
  • paraplégie, paralysie de la moitié inférieure du corps. C'est l'accident neurologique typique de l'accident de décompression. Cette paraplégie s'accompagne de souvent de rétention urinaire.

Les accidents cérébraux, causés par la présence de bulles dans l’irrigation du cerveau, se reconnaissent par les troubles moteurs suivants :

  • hémiplégie, paralysie de la moitié verticale du corps.
  • tétraplégie ou quadriplégie, paralysie des quatre membres avec ou sans atteinte respiratoire.
  • mort par atteinte massive des zones de commandes vitales.

Ces troubles moteurs se caractérisent par une difficulté plus ou moins complète à mobiliser un membre. Ils peuvent être évolutifs, une monoplégie peut évoluer vers une hémiplégie. Ils sont toujours très graves en raison de leur localisation et des désordres qui les accompagnent. Une douleur vive au niveau du rachis ou à la ceinture, des fourmillements ou picotements sur les membres inférieurs (paresthésie) sont des signes révélateurs de l’accident neurologique.

 

4.5 Accidents coronariens

La bulle dans une artère coronaire est source d'infarctus du myocarde avec douleur rétrosternale, c’est-à-dire derrière le sternum.

 

4.6 Accidents pulmonaires

Les accidents pulmonaires sont provoqués par l’obstruction de l'artère pulmonaire ou de l'une de ses branches. Cela se traduit par un état asphyxique plus ou moins aigu. L'apparition de ces problèmes doit faire éliminer le diagnostic de surpression pulmonaire et son éventuel pneumothorax.

 

4.7 La maladie de décompression

Au fur et à mesure de l'installation des blocages circulatoires par les manchons bullaires d'azote, dans les minutes et les heures qui suivent le début de l'accident, un certain nombre de mécanismes de défenses se mettent en place. Il s'agit d'un ensemble de réactions de l’organisme à la présence des bulles d’azote dont voici l'essentiel :

  • Réaction de lutte contre le corps étranger que représente la bulle d’azote de la part des leucocytes (globules blancs) qui l’entourent d'un réseau de fibrine,
  • Libération d'histamine (processus inflammatoire),
  • Réaction propre au fluide sanguin lui même : plus de circulation et d'oxygénation et donc formation d'agrégat plaquetto-cellulaires (même phénomène que la coagulation).

Les bulles, ainsi entourés, ne sont plus accessibles pour un traitement par dissolution simple. Les anoxies et les nécroses des tissus non irrigués se développent et les lésions conséquentes deviennent irréversibles. Cette série de réactions est normale puisque l'organisme considère ces bulles comme des corps étrangers. Ce sont par conséquent des processus de défense qui s'organisent et qui sont très vite mis en oeuvre, mais leur évolution va aggraver l'anoxie des tissus touchés.

 

4.8 Statistiques

Les accidents de décompression se produisent généralement après le retour en surface avec un certain temps de latence. Ils sont d'autant plus graves qu'ils surviennent dans un délai précoce :

  • dans les 30 minutes qui suivent la plongée, pour 50 % des accidents,
  • dans l'heure qui suit le plongée, pour 85 % des accidents,
  • dans les 3 heures qui suivent la plongée, pour 95 % des accidents,
  • dans les 6 heures qui suivent la plongée, pour 99 % des accidents,
  • il existe des cas plus tardifs allant jusqu'à 12 heures après la plongée.

On distingue les accidents :

  • bénins : puces, moutons,
  • graves : neurologiques, articulaires, cochléo-vestibulaires, cardiaques, pulmonaires.

Leur fréquence est la suivante :

  • 68 % neurologiques,
  • 29 % ostéo-articulaires,
  • 3 % pulmonaires et coronaires.

Voici les statistiques pour la France du nombre de personnes qui ont fait un séjour en caisson hyperbare selon les régions :

Région Accidents (par an)
Aquitaine 5
Corse 30
Marseille 40
Toulon 60
Total 200

La moyenne d’âge est de 30 à 35 ans, 90% sont des hommes et 30% sont des moniteurs ou des plongeurs professionnels.

 

4.9 Récapitulatif

 

 

1-Réactions cutanées : puces et moutons.

2-Douleurs ostéo-articulaires et
musculaires : bends.

3-Accidents cérébraux.

4-Troubles de l'oreille interne.

5-Troubles respiratoires.

6-Troubles cardiaques.

7-Accidents médullaires (moelle épinière).

Auteur: Stéphane ROCHON

5- Causes 

5. Causes

5.1 Non-respect des temps de paliers

5.1.1 Oubli ou ignorance

5.1.2 Erreur de lecture de la table

5.1.3 Mauvaise évaluation de la profondeur

5.1.4 Paliers approximatifs

5.1.5 Ordinateurs de plongée

5.2 Non-respect de la vitesse de remontée

5.2.1 Remontée trop rapide

5.2.2 Plongée « Yo-Yo »

5.3 Hyperpression pulmonaire

5.4 Facteurs favorisants

5.4.1 Fatigue

5.4.2 Le froid

5.4.3 Travail musculaire

5.4.4 Tissus adipeux

5.4.5 Age

 

La majorité des plongeurs confirmés sont persuadés que les accidents de décompression n’apparaissent généralement que dans les deux cas suivants :

  • une plongée longue (supérieure à 60 minutes) pour des profondeurs moyennes (20 mètres),
  • une plongée profonde avec une durée supérieure à ce qui est préconisé par la courbe de sécurité.

Ce n'est que depuis ces quelques années qu'une nouvelle notion a été introduite dans le langage du plongeur : l'accident « immérité ». Il s’agit d’accidents consécutifs à des procédures de désaturation considérées comme techniquement irréprochables. En réalité, l'analyse soigneuse des circonstances de tous ces accidents a permis la mise en évidence de facteurs que l'on a très rapidement considérés comme suffisants pour être à l'origine d'un dégazage. C’est ce type d’accidents qui est à l'origine de la rénovation des tables de plongée de la Marine Nationale.

 

5.1 Non-respect des temps de paliers

Bien que les paliers de désaturation demeurent une nécessité absolue, leur rigueur d'exécution échappe à certains plongeurs et leur non-respect représente la première grande cause des accidents de décompression.

 

5.1.1 Oubli ou ignorance

Certains plongeurs débutants ignorent leur existence et plongent sans encadrement ou, au contraire, chez certains plongeurs confirmés, l’accoutumance et les petites fautes de plongée sans conséquences sont autant d'incitations à négliger les règles de sécurité.

 

5.1.2 Erreur de lecture de la table

L’utilisation des tables de plongée implique la connaissance de la profondeur maximale et la durée de la plongée. Il peut y avoir, en particulier dans le cadre des plongées d'exploration où le début de la remontée est quelquefois mal précisé, une ambiguïté provenant du fait que le plongeur pense que le temps passé à remonter lentement le long d’un tombant n'a pas à être inclus dans la durée de la plongée. En réalité, la saturation de certains compartiments se poursuit et justifie des durées de paliers plus longues que celles qui vont être effectuées.

 

5.1.3 Mauvaise évaluation de la profondeur

Certains profondimètres mécaniques, subissant l’usure du temps et des éléments, n’indiquent plus forcement la profondeur maximale avec une grande précision. L’erreur de lecture peut avoir des conséquences dramatiques alors que le plongeur a respecté les tables.

 

5.1.4 Paliers approximatifs

Les paliers peuvent subir une approximation en temps ou en profondeur, en particulier en cas de houle pour le palier de 3 mètres lorsque ce dernier se fait en pleine eau. Il ne faut pas hésiter à descendre un peu et à majorer la durée dans des conditions difficiles.

Le palier peut être écourté ou non fait par suite d'un incident : malaise, panne d'air ou de matériel, panique, mauvais contrôle du gilet gonflable, plongeur insuffisamment lesté.

 

5.1.5 Ordinateurs de plongée

En l'état actuel des statistiques d'accidents, il est impossible de dire si l'utilisation aveugle et croissante de ces appareils accroît le risque d'accident de décompression. Ce qui est sûr, c'est que l'algorithme utilisé calcule pour le plongeur utilisateur un profil de désaturation moyennement ajusté et non exactement, comme il le croit, à l'état de saturation que l'appareil a évalué en permanence pendant la plongée en fonction des couples pression/durée. Dans l'optique d'une optimisation de la durée des paliers par rapport à la durée de la plongée, c'est bien entendu l'idéal. Mais en l'état actuel de la conception de ces ordinateurs, le risque d'accident existe, bien que difficilement quantifiable, car les paramètres de l'algorithme sont ceux qui ont été validés pour un plongeur moyen, provenant d’une étude statistique. En réalité, l'expérience actuelle montre que le plus grand risque provient du fait que bon nombre de plongeurs considèrent ces ordinateurs comme la garantie universelle de leur sécurité et dès lors s'autorisent toutes les fantaisies : multiples plongées quotidiennes de préférence à profondeur variable. Dans ces conditions d'utilisation, les règles physiques et physiologiques de la plongée sous-marine sont totalement bafouées : les accidents qui en résultent sont donc bien souvent la traduction de l'ignorance des limites d'emploi de ces appareils qui ne doivent rester que des aides à la plongée.

 

5.2 Non-respect de la vitesse de remontée

5.2.1 Remontée trop rapide

Il n'est pas facile d'estimer ce paramètre lorsque le retour vers la surface se fait dans « le bleu », sans repères visuels. L'expérience, la pratique régulière de la plongée doivent résoudre cette difficulté. Cependant, dans la recherche des causes de l'accident, cette remontée rapide est difficile à mettre en évidence.

En fait, l'expérience et l'analyse fine des circonstances des accidents montrent que le dépassement de la vitesse de remontée est un incident fréquent. Cette constatation a d'ailleurs conduit les concepteurs de la table MN 90 à conserver une vitesse de remontée jugée rapide par les plongeurs : 17 m/mn. Et pourtant il s'agit d'un facteur de sécurité. En effet, calculer une table de plongée avec une vitesse de remontée de 15 m/min ou moins, favorise le risque, lors d'une remontée plus rapide, de ne pas effectuer le palier le plus profond que le calcul fait avec 17 m/mn indique, alors que le calcul avec 15 m/mn peut (pour certaines plongées de la tranche des 40/60 mètres) l'avoir effacé. Paradoxalement, une vitesse de remontée à 17 m/mn est donc une sécurité en imposant un palier profond.

 

5.2.2 Plongée « Yo-Yo »

Les plongées dites «Yo-Yo», c'est-à-dire effectuées avec des variations de niveaux importants, sont suspectées de faire subir aux bulles situées dans les capillaires pulmonaires une sorte de recompression. Dans ces conditions, leur réduction de volume peut favoriser leur passage sur le versant artériel. Il faut toujours respecter la procédure qui indique de redescendre au moins à mi-profondeur pendant 5 minutes.

 

5.3 Hyperpression pulmonaire

Une hyperpression pulmonaire en cours de remontée, quel qu'en soit le mécanisme (manoeuvre de Valsalva, gonflement de la bouée à la bouche, toux, effort physique, apnée soit pour «économiser» l'air, soit dans le cadre d'un exercice, effort de vomissement en cas de mal de mer), peut être responsable du passage de bulles d’azote dans le circuit artériel. Les poumons se comportent comme un filtre vis à vis des bulles d'azote car il les retient. Lorsque le plongeur provoque l'augmentation de la pression dans ses poumons et donc de la pression sanguine pulmonaire, il force le filtre pulmonaire, d'où la dénomination d'hyperpression pulmonaire. Ces bulles peuvent provoquer un accident neurologique.

 

5.4 Facteurs favorisants

La prévention de l'accident de plongée passe par le respect des paliers, de la vitesse de remontée et des conditions normales d’évolution sous-marine pour la plongée sportive. Mais, une connaissance suffisante de la physique et de la physiologie de la plongée doit permettre à chacun, d'une part, de fixer ses limites et, d'autre part, de comprendre que la plongée sous-marine autonome ne soit pas sans risque, selon les tolérances que le plongeur s'accorde.

 

5.4.1 Fatigue

Habituellement, on incrimine un fléchissement de l'état général : un état de fatigue chronique par manque de sommeil, surmenage physique ou intellectuel est souvent retrouvé.

 

5.4.2 Le froid

Dans sa lutte contre le refroidissement, le plongeur va diminuer l’irrigation des membres pour se concentrer sur les organes vitaux. Le processus de désaturation va donc être perturbé.

 

5.4.3 Travail musculaire

Lors d’un effort pendant la plongée, la circulation sanguine et la respiration vont s’accélérer augmentant la quantité d’azote dissoute. Au palier, le plongeur étant au repos, le temps de désaturation prévu par les tables ne sera pas suffisant pour éliminer l’azote dissous pendant l’effort. Les tables sont déterminées pour un « effort moyen » qui n’est pas quantifiable car cela dépend des capacités physiques de chaque plongeur.

 

5.4.4 Tissus adipeux

L'azote étant plus soluble dans les graisses que dans l'eau, l'excès de tissus adipeux, plus que l'excès pondéral bien que les deux soient très souvent liés, représente un « réservoir » d'azote dissous à élimination lente qui n'est que partiellement pris en compte par les tables de plongée. Si des bulles se forment dans les graisses, elles passent rapidement dans les veines et deviennent des bulles circulantes.

 

5.4.5 Age

Bien qu'il soit communément admis qu'il n'y a pas de limite supérieure d'âge pour plonger, il est toutefois nécessaire de prendre en considération le fait qu'un bon nombre de victimes d'accident neurologique chez lesquelles on ne retrouve aucune erreur de procédure ont plus de 40 ans. En réalité, ce sont davantage les maladies chroniques associées à l’âge qui représentent des facteurs favorisants.

 

Auteur: Stéphane ROCHON

6- Traitement et premiers secours

6. Traitement

6.1 Premier secours

6.2 Message d’urgence

6. Traitement

6.1 Premier secours

Un accident de décompression dont les symptômes sont apparemment bénins peut dégénérer très vite en accident gravissime. Il est donc important d'agir vite et avec méthode. De l’efficacité de l’encadrement dépend le sort du malade. C'est pourquoi, lorsqu'un accident est suspecté, que les symptômes soient franchement déclarés ou non, il faut garder son calme et son sang-froid, en étant rassurant pour le malade. Il faut rapidement administrer les premiers soins suivant car le retard de mise en place des techniques hyperbares et médicales spécialisées a souvent des conséquences graves pour la victime et favorise les séquelles définitives de l'accident :

  • allongez la victime dans une position confortable et retirez tout élément pouvant gêner la circulation du sang (gants, couteaux, instruments, boussole, manchons trop serrés...).
  • donner de l'oxygène en inhalation ou en insufflation à 15 l/mn. Le débit d'02 pourra être modulé en fonction de la réserve disponible, et de la durée de transport en bateau. Il faut si possible maintenir un débit de 15 litres par minute ( ne sera jamais toxique) pour éviter l’anoxie tissulaire. La présence d'une mallette d'oxygénothérapie est obligatoire dans tous les clubs de plongée et sur le bateau.
  • administrer de l’aspirine à petite dose, 500 mg/24 heures, le dosage étant de 5mg/Kg de poids corporel de la victime avec maximum de 500mg en une seule prise, et en respectant les contre-indications (allergie à l'aspirine, antécédents d'ulcère gastro-duodénal). L’admission se fera soit par voie orale, par exemple un sachet d'ASPEGIC 500 ou de CATALGINE 500 simple à diluer dans de l'eau plate, soit par voie intraveineuse comme l’ASPEGIC 500 injectable. Ne jamais utiliser d’aspirine effervescente. Ce traitement a pour objet de minimiser l'agrégat plaquetto-cellulaire (caillots sanguins autour des bulles pouvant provoquer des nécroses locales). Attention, l’utilisation de l’aspirine n’a pas d’effet magique. Certains pays ou structure de plongée comme PADI déconseille l’utilisation d’aspirine car il y a un risque de saignement.
  • Auparavant on indiquait aux moniteur qu’il fallait administrer 2 comprimés de SERMION qui est un vasodilatateur et 1 comprimé de TORENTAL qui allonge les globules rouges. Ces médicaments ont pour objectif d’améliorer le flux sanguin afin d’éliminer l’azote encore présent et d’éviter les nécroses des tissus enfermant des bulles. Ce traitement est désormais caduque. Il est indiqué ici pour information.
  • faire boire de l'eau plate abondamment et par petites gorgées, uniquement si le sujet est conscient, à raison d'un litre en une heure afin augmenter la fluidité du sang. De plus l’oxygène respiré est sec. S'assurer auparavant qu'il peut uriner.
  • effectuer des soins de secourisme, selon le bilan ventilatoire et cardiaque.
  • relever tous les paramètres de la plongée et des précédentes s'il y a lieu et les placer avec la victime afin d’informer le corps médical spécialisé.
  • évacuer le plus rapidement possible vers un centre médical hyperbare. L’évacuation doit être systématique quel que soit le type et le degré de l'accident, ne serait ce que pour une simple mise en observation, un accident de décompression peut toujours se compliquer.

 

6.2 Message d’urgence

En cas d'accident de plongée, c'est le signal d'urgence (PAN-PAN) qui doit être utilisé et non pas le signal de détresse (MAYDAY) sur la VHF. Avant de passer votre message, assurez-vous que la voie est libre et qu'aucune communication n'est en cours (les appels au CROSS peuvent également se faire directement sur les canaux 11 ou 13). Communiquez de la façon suivante sur le canal 16 :

  • Répétez trois fois PAN-PAN (prononcez panne-panne),
  • Ici "nom de votre bateau" (à répéter 3 fois),
  • Répétez le nom de votre bateau et donnez sa position,
  • Décrivez la nature de l'accident (en précisant qu’il s’agit d’un accident de plongée),
  • Faites état des secours demandés (caisson, SAMU, pompiers... ),
  • Précisez l'endroit où vous vous rendez (port, plage, ponton) et du temps de navigation estimé,
  • Le cas échéant, demandez des renseignements ou des conseils d'ordre médical.

 

Auteur: Stéphane ROCHON

 

7- Prévention

 

La meilleure des préventions reste encore de prendre conscience que ce type d'accident n'épargne personne. Pour éviter les risques d'un accident de décompression, il faut respecter les points suivants :

 

  • se conformer scrupuleusement aux indications des tables et à la vitesse de remontée,
  • être sûr de son instrumentation,
  • ne jamais changer de tables ou d'ordinateur lors de plongées successives,
  • ne jamais effectuer de manoeuvre de Valsalva pendant un palier de décompression ou durant la remontée,
  • ne pratiquer aucun exercice d'apnée après une plongée en scaphandre,
  • éviter de plonger en état de fatigue,
  • éviter les efforts trop violents après une plongée,
  • éviter tout abus d'alcool et de tabac car ce sont des facteurs nocifs qui fatiguent l'organisme,
  • boire de l’eau après la plongée et ne pas rester en plein soleil.

 

Auteur: Stéphane ROCHON

 

8- Comparaison entre
Surpression Pulmonaire  et
Accident de Décompression

 

 

SURPRESSION PULMONAIRE

ACCIDENT DE DECOMPRESSION

CAUSES Pression trop forte dans les poumons (blocage de la glotte) Dégazage d’azote
LOI MISE EN JEU Mariotte Henry & Mariotte
NATURE DU GAZ MIS EN CAUSE Air Azote
PHYSIQUE Variation relative de la pression Variation de la pression
FACTEUR TEMPS Indifférent Important
CONDITIONS Favorisé par la proximité de la surface Dépend du profil de la plongée (profondeur, durée, effort...)
DELAI D’APPARITION DES SYMPTOMES Immédiat 0 à 12 heures (50% des cas dans la première ½ heure)
SYMPTOMES    
COEUR Tachycardie (>100 pulsations/mn), désamorçage artériel, augmentation de la pression veineuse Tachycardie, diminution de la pression artérielle et veineuse
POUMONS Respiration difficile, crachats sanguins, pneumothorax Dyspnée (respiration difficile)
DOULEURS Sous claviculaire, thorax Musculaire, articulaire
PERTE DE CONNAISSANCE Syncope, état de choc Syncope
PARALYSIE Hémiplégie, paraplégie Toutes formes de paralysie possibles
PEAU Emphysème sous-cutané (air sous la peau) Puces, moutons, bleuissement des extrémités
ATTITUDE Réflexes rapides Fatigue, ne réagit pas à la douleur
DIVERS Pâleur, vertiges, angoisse, trouble de la vue et de l’ouïe Ramollissement général, problèmes cardio-vasculaires
TRAITEMENT O2, traiter l’état de choc, évacuation, caisson envisageable O2, aspirine £ 500 mg, eau, allonger , évacuation, caisson
EVOLUTION Pas d’évolution dans le temps Très évolutif après les premiers symptômes
PREVENTION Souffler en remontant, ne jamais bloquer sa respiration Respect de la vitesse de remontée et des tables

 

Auteur: Stéphane ROCHON

9- Conclusion

 

Alors qu'en France le nombre de personnes pratiquant la plongée sous-marine est en constante augmentation, il semble que le nombre d'accidents de plongée ne suivent pas cette progression et soit actuellement stabilisé. Il faut y voir l'influence de la formation technique dispensée dans les clubs, mais également une meilleure connaissance, de la part des pratiquants, des facteurs de risque et des circonstances favorisantes déclenchant l’accident de décompression. Il faut donc continuer à mieux former les plongeurs afin d’éviter les comportements à risque qui ternissent l’image de ce sport.

En règle générale, si vous avez le moindre doute quant aux symptômes concernant un accident de plongée, ne le prenez surtout pas à la légère et administrez les premiers soins préconisés pour l'accident de décompression. Mieux vaut toujours être prudent et prévenant en la matière.

 

Auteur: Stéphane ROCHON

10- Bibliographie

 

  • Encyclopédie de la plongée,
    ouvrage collectif, édition VIGOT 1993
  • Guide de préparation au niveau IV,
    Paul Villevieille, édition GAP 1995
  • Théorie et Plongée,
    ouvrage collectif,
    FFESSM 1994
  • Plongée Passion,
    P. Mioulane & J.M. Oyhenart, HACHETTE 1994
  • La physique appliquée à la Plongée,
    J.C. Ripoll, Librairie des Plongeurs Editions 1989

 

Auteur: Stéphane ROCHON

 

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