Tribune
07/05/2005
Filière soie: Du lambamena à l’ameublement
Nouvelles idées, nouvelles créations

La soie dans la salle à manger. |
Il fut un temps, la soie ne servait qu’à envelopper les morts avec le
“lambamena”. Progressivement pourtant elle a fait son entrée dans l’habillement. Actuellement elle sert dans l’ameublement. Les produits de la soie ont vraiment évolué. Elle va donner éclat non seulement à
l’Homme mais aussi à son habitat. Aux stylistes et créateurs de trouver de nouvelles idées. Car tout va pour la soie !
“ Beaucoup de nos clients possèdent déjà du lamba en soie. Ce sont eux qui nous ont donné l’idée de trouver d’autres articles à travailler. A part ça, nous avons vu un catalogue venant du Cambodge qui montre différents produits en soie. Ceux-ci nous ont encouragé à nous lancer dans cette nouvelle orientation !”. C’est Rakotoarivelo
Emilie, de l’entreprise Kanto sy Soa qui explique. Aujourd’hui, l’entreprise produit des chemins de table, des couvre-lits, des rideaux, des “houses“, des abats-jours... De même, pour Manjakalandy qui n’hésite pas à lancer ses meilleurs articles en ameublement, tels les rideaux, les coussins, ... Les produits sont très variès. Zo Artiss est même arrivé à faire des abats jours, des tableaux muraux à partir ... des cocons. Les nouvelles idées affluent. L’exposition organisée par
l’Alliance Française et ses |
partenaires à Andavamamba pour booster la filière soie montre bien que celle-ci est vraiment en pleine révolution. “Nous avons pu connaître plusieurs nouvelles créations, échanger les expériences avec d’autres professionnels” remarque Lanto de
l’Union Maitso, Arivonimamo.
Non seulement pour les grisonnants
"Autrefois, seuls les grisonnants peuvent porter un habit en soie” dixit Rakotoarivelo Emilie. Aujourd’hui, plusieurs stylistes usent de cette matière pour exprimer leurs feeling et habiller jeunes et moins jeunes, hommes mais aussi femmes. Les vêtements en soie sont surtout portés lors des grandes cérémonies. Et nos artisans suivent de près les besoins de leurs clients. Des clients quelquefois capricieux, que les artisans doivent chercher à tout prix à satisfaire. Soarilala Rakotonirina de Tafy Soa, par exemple, ayant déjà hérité de sa grand mère le savoir-faire et des outils traditionnels, s’est procurée d’un nouveau matériel de filature. Depuis ces trois mois qu’elle a décidé de s’investir dans ce métier, elle utilise les deux méthodes, car il y a ceux qui aiment les fibres grossières d’antan et ceux qui préfèrent les fibres fines.
Beaucoup de valeur
Porter un lamba ou s’habiller en soie fait montre d’une certaine classe, un certain look. Le prix des différents articles ne sont pas pour toutes les bourses. Si un cache-nez se vend par exemple à Ar 20 000, un lamba peut aller jusqu’à Ar 110 000, un rideau à Ar.23 .000, une coussin à Ar 310 000, une chemin de table à Ar 650 000, un couvre lit à Ar 530 000. “La soie a une valeur. Il faut lui donner son vrai prix” remarque l’une des exposants. Pour Emilie Rakotoarivelo, non seulement le prix des matières premières a connu une hausse remarquable avec la multiplication des opérateurs (Ar 60 000 le kilo de la soie sauvage, Ar 100 000 le kilo de la soie grège) mais c’est aussi un produit artisanal qui demande beaucoup de temps. “Il faut savoir apprécier la valeur de notre artisanat. La soie est une filière qui fait vivre beaucoup de paysans, de la culture des mûriers au tissage en passant par la filature, la teinture, le tissage” dixit la dame de Kanto sy Soa. Ce ne seront pas Lanto et Ranorosoa Julienne de l’association Tsinjo Mahadonga qui diront le contraire. Héritants ce métier de leurs aïeux, ils ont suivi plusieurs formations donné par l’EMSF, de Taolandy, ... afin d’en faire une vraie profession. Car si le marché intérieur ne cesse de s’élargir, le marché international pourra être aussi exploré, grâce à une amélioration de la qualité des produits et l’aide de tous ceux qui veulent voir en cette filière une source de devises. En attendant, il est encore temps de visiter et admirer l’exposition organisée à l’Aft Andavamamba jusqu’au dimanche 8 mai.
Raoel
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